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 Une livraison de plus... [Libre]

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Liliane Naranja
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MessageSujet: Une livraison de plus... [Libre]   Dim 29 Mar - 1:48

«Aaaaallô, Ashbury, j'écoute ? [...] Oui, bien sur. Folk ? [...] D'accord. [...] Pas de problème, on a ce qu'il faut. [...] Bien, ébène, acajou, nylon, je note. Avez vous des préférences pour la couleur, le motif ? [......] Très bien. Votre nom et votre numéro de téléphone, s'il vous plaît. [.........] Merci, nous vous appellerons quand elle sera prête, vous avez de la chance, nous n'avons pas d'autre commande en cours. [...] Oui. Je crois qu'elle sera prête d'ici trois semaines. [...] Merci à vous, au revoir !»

Liliane raccrocha, remit le capuchon sur son stylo et ferma le carnet de livraisons de son magasin. Il se leva et quitta l'accueil pour se diriger vers l'atelier. L'accueil et l'atelier étaient les deux plus grandes pièces du magasin. L'accueil formait la façade du magasin. C'était une pièce toute en largeur. Des dizaines de guitares étaient accrochés aux murs, soigneusement posés sur le sol ou présenté devant la vitrine qui donnait vue sur une rue commerçante très fluctueuse. Derrière le bureau d'accueil et la tonne de paperasse qui le jonchais, une porte donnait vers l'atelier. C'était une pièce trois fois plus grande que l'accueil, de forme carrée. Il y avait une demie-douzaine de tables, des centaines d'outils contre les murs et éparpillés par terre, une odeur de bois raffinée et une grande fenêtre qui éclairait toute la pièce. Des millions de grains de bois flottaient dans l'air, dans un calme serein et dans une lumière de paradis, quoi que le désordre qui y régnait tenait plus du chaos que du paradis.

«Mr Adams, on a une guitare classique pour dans trois semaines !»
Tout en regardant les détails de la livraison, Liliane poursuivit;
«3/4, chromée, finition normale, corps acajou, manche ébène, dos palissandre, pan coupé, rosace...»
Étonné que Mr Adams n'ait pas encore répondu par un habituel "Hein ?", Liliane leva les yeux vers la pièce. Il n'y avait personne.
«Mr Adams ?...»

Demi-tour, Liliane retourna à l'accueil. Toujours personne. Ah oui, il était parti acheter deux trois bricoles, c'est vrai. Liliane avait la lutherie pour lui tout seul pour un bon moment. Il soupira. Il regarda à travers la vitrine les passants qui marchaient vite, les yeux fixés sur le sol, et qui ne prenaient même pas la peine de regarder, que dis-je, d'admirer les chefs-d'œuvres de Mr Adams qu'il avait exposé devant la vitrine. Aucun respect pour le travail d'un luthier légendaire ? C'est triste, pensa Liliane. Il traversa la salle d'accueil d'un pas lent, caressant au passage quelques créations exposées de Mr Adams. Des guitares, et Luths, des Violons... Le patron de Liliane savait décidément tout faire. En sifflant un air de Yiddish, Liliane ouvrit la porte de son magasin, agitant la clochette sous l'habituel bruit qu'elle faisait quand un client entrait, et s'adossa à la vitrine, regardant les gens passer. C'était un de ses loisirs de faignant, de regarder les gens.


Dernière édition par Liliane Naranja le Dim 29 Mar - 20:05, édité 1 fois
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Louise Donnet
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MessageSujet: Re: Une livraison de plus... [Libre]   Dim 29 Mar - 18:05

Elle s’était levée très tôt ce matin pour aller vendre ses peintures de la semaine sur Ashbury Street et le froid matinal l’avait pris en traître. En se levant, elle avait enfilé une robe légère, verte comme les pommes, qui lui arrivait au dessus des genoux, et la seule petite veste brune ne lui suffisait pas à réchauffer ses petites épaules. Alors elle avait eut froid, ce putain de matin où elle n’avait vendu que trois foutues peintures. Mais elle n’avait pas craqué. Elle était restée comme à son habitude jusqu'à 13h, puis s’était enfuie dans la longue rue commerçante, s’était dissimulée dans la fourmilière géante qui lui faisait un peu peur parfois. Plus loin, elle s’installa à une table pour prendre un café qui lui redonnerait un peu de chaleur dans l’estomac, et installa avec elle tout son bastringue, ses peintures, son grand sac à dos. Elle agita ses longs cheveux blonds comme elle avait si souvent l’habitude de le faire, et quelques regards se tournèrent vers elle. Elle ne les remarqua pas, bien évidemment. Son café arriva, et elle y trempa ses lèvres maquillées de rouge. Elle ajouta un sucre puis se posa enfin, déposant au fond de la chaise longue son dos, légèrement meurtri ce matin par la masse des tableaux qu’elle avait du se trimballer jusqu'à Ashbury Street. Elle laissa le soleil cogner ses joues, jouer avec ses tâches de rousseurs, et puis lorsqu’elle eut finit son café, elle fila comme elle était arrivée, une vraie flèche, je vous dis.

En chemin, Louise acheta une paire de claquette à deux sous dont les motifs brodés sur la semelle rappelaient l’Orient et les dessins arabes. C’est donc avec un petit sourire accroché au bord de ses lèvres que la jeune française remonta Ashbury Street, avec tout son bazar sur le dos. Elle avait l’air ravie, tout simplement. Et elle était, il fallait bien le dire. Même si elle n’avait vendu que trois peintures, elle était ravie tout de même, parce qu’elle savait que demain, elle ferait mieux.

Elle passa devant une lutherie et s’arrêta devant, à quelques mètres de la vitrine où un garçon était adossé. Elle leva la tête vers l’enseigne. Ashbury Lutherie. Et même si elle ne faisait pas de guitare, mais si elle n’avait jamais essayé d’en faire de peur d’abîmer les cordes, elle décida d’entrer, juste pour le plaisir des yeux, juste pour sentir l’odeur du bois. Ses yeux se posèrent alors sur le garçon à côté de l’entrée qui la fixait. Elle avança vers lui, avec tout son bazar et remarqua à quel point il était grand, et mince. Elle ne l’avait jamais vu, et pourtant, elle traînait souvent à Ashbury. Il avait la peau matte, un teint naturellement bronzé qui dégageait une certaine douceur, et des yeux verts assortis à ses cheveux bizarrement teints en vert sombre. Il devait sûrement travailler ici.

- C’est ouvert ? demanda-t-elle gentiment, et son sourire ravi ne semblait plus vouloir la quitter. Je cherche une guitare pour offrir à mon petit frère, mais je m’y connais vraiment pas du tout en guitare, tu vois, alors... tu penses que tu pourrais m’aider ? demanda-t-il tout en posant les tableaux à terre. Enfin, tu bosses ici, non ? ajouta-t-il se rendant compte qu’elle s’adressait peut-être à quelqu’un qui ne travaillait absolument pas ici. Elle remua une nouvelle fois ses cheveux imprégnés de soleil et reprit ses tableaux qu’elle cala sous son bras, se préparant à rentrer dans la boutique.
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Liliane Naranja
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MessageSujet: Re: Une livraison de plus... [Libre]   Dim 29 Mar - 20:01

Avec quelques rayons de soleil, un parfum gagna la pièce. Un parfum inconnu qui recelait olfactivement de savoureux fruits rouges. Un parfum frappant par son intensité, et léger à la fois. Un parfum qui avenait sa propriétaire. Liliane jurerait à sa venue qu'elle était européenne. Aucun doute, à vrai dire, les filles d'Amérique n'ont pas de tels visages. La gardienne du parfum, inconnue jusque là à Ashbury Lutherie ne rendait pourtant pas ses origines si flagrantes car elle était vêtue comme beaucoup de San Franciscains. Par la suite, l'accent de cette demoiselle ne révélait aucune origine quelconque, l'intonation de sa voix était pareille à celle de tous les américains. Ce n'est malheureusement pas le cas pour tout le monde...

«C’est ouvert ? demanda-t-elle après avoir dépassé Liliane de quelques mètres, juste au centre de ce qu'on pourrait appeler une "pièce"
-Ça l'est, oui.
-Je cherche une guitare pour offrir à mon petit frère, mais je m’y connais vraiment pas du tout en guitare, tu vois, alors... tu penses que tu pourrais m’aider ? Enfin, tu bosses ici, non ?»


Avant de pouvoir répondre à cette demande, le regard de Liliane fut vite attiré par les toiles que la cliente venait de poser à même le sol. Pas très nettement, il aperçut de ces tableaux rangés dans un grand sac plastique, des couleurs vives, à la fois chaudes et froides. Il n'eut pas le temps d'analyser ce qu'ils représentaient exactement, et d'ailleurs, se dit-il, en tant que Luthier, ce n'étaient pas ses affaires. Il dressa donc son regard des tableaux jusqu'aux yeux de la cliente potentielle pour lui répondre, par un accent qui le trahirait peut être ;

«Oui, je travaille ici. Mais mon chef est absent pour quelques temps. En attendant, je peux peut-être vous aider pour la guitare...»

Liliane fit semblant de ne pas remarquer le regard étonné de la jeune fille, dû à son accent. Cela ne le blessait guère, mais s'il devait dire "je suis espagnol" à tout le monde avant de parler, ce serait fatiguant. Il décolla son dos à la vitrine pour s'approcher d'une guitare, accrochée au mur, près de Louise. Il laissa furtivement son regard tomber à nouveaux sur les toiles peintes. Aux dire de la présumée "peintre", Liliane considéra que les critères pour une guitare lui étaient trop compliqués. Elle ne devait pas y connaitre grand chose dans ce rayon là. Mais y'a pas de mal, cela dit.

«Cela fait longtemps que votre frère joue de la guitare ? A-t-il de... L'expérience ? Je peux vous... proposer de choisir parmi les guitares exposées ici, ou bien une construction vous... plairait plus ? Mr Adams, le chef de ce magasin est un... fanatique de la guitare, les guitares exposées en vitrines sont ses chefs-d'œuvre qu'il ne veut vendre qu'à des guitaristes... dignes de ce nom. Celles sur les murs sont... gratuit... Gratuites d'achat, par contre.»

Régulièrement, Liliane s'interrompais en milieu de phrase pour trouver les mots anglais adéquats, et ce faisant, il avait le tic de regarder ses pieds pour trouver le mot précis qu'il cherchait. Il ne se débrouillait pas si bien, finalement. Soudain, Liliane écarquilla les yeux, comme réveillé brusquement. Il bafouilla à peu près ceci ;

«Ce que je dis... C'est pas du charabia, pour vous ? Pardon, n'importe quoi ?»
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MessageSujet: Re: Une livraison de plus... [Libre]   Ven 3 Avr - 21:20

Après être entrée dans la pièce où quelques rayons perçaient timidement à travers la vitrine, Louise expliqua donc au vendeur son problème. C’était bientôt l’anniversaire de son petit frère, et elle voulait lui offrir un guitare. Il en jouait depuis 10 ans, et pendant toutes ces années, ils avaient posé ses doigts sur une vieille épave qui appartenait à leur mère. Bien que musicienne, elle n’y connaissait pas grand chose en guitare, n’ayant jamais pratiqué. Elle cherchait donc des renseignements, la guitare idéale, qui puisse être dans ses moyens. Le vendeur aux cheveux verts lui confirma donc il travaillait bien ici, mais que son patron était absent. Elle remarqua qu’il avait un étrange accent. Les accents, Louise adorait ça. Elle trouvait que ça donnait du charme, et les maladresses de la langue américaine lui donnaient encore plus le sourire. Elle haussa donc un sourcil, léger, mais au fond, elle était plus amusée qu’étonnée.

Après avoir jeté un rapide coup d’œil discret aux peintures enveloppées dans un sac plastique que la française avait déposé sur le sol, le luthier entreprit de se renseigner sur les critères que recherchait Louise. Parfois, il s’arrêtait vaguement, cherchant ses mots en regardant ses pieds, comme si l’un d’entre eux allaient lui crier la réponse. Louise ne put s’empêcher de sourire gentiment, et ses lèvres offrir une certaine gentillesse à ce garçon. Il se lança dans un monologue, sans laisser à l’américaine le temps de répondre à ses questions, puis s’arrêta tout d’un coup, les yeux écarquillées. Il lui demanda alors en bafouillant si ce qu’il racontait n’était pas du charabia pour elle, et Louise éclata de rire. Un rire à la fois bruyant et réservé, capable d’iriser les âmes moroses. Ce fut court, mais tout de même puissant.

- Non, ça va, je comprends très bien ! s’exclama-t-elle jovialement, toujours le sourire aux lèvres. Elle le trouvait amusant, et aussitôt, elle ne regretta pas d’être entrée dans cette lutherie. Eh bien en fait, il en joue depuis à peu près dix ans, et il se débrouille vraiment très bien. Seulement... ça fait dix ans qu’il joue sur une espèce de vieille guitare moisie, et je pense qu’il serait temps de lui en offrir une neuve ! ajouta la blondinette en ramenant le sac plastique entre ses jambes. Donc le truc, c’est que je ne connais rien aux guitare, c’est pas mon rayon, alors j’aimerais que vous me donniez quelques conseils. finit-elle, tout en agitant ses mains avec de grands gestes comme elle avait si souvent l’habitude de faire.

Son regard fut automatiquement attiré par une guitare plutôt petite, accrochée au mur et déjà, les pupilles de Louise scintillaient.
- Oh ! Celle-là, elle a l’air bien ! Non ? demanda-t-elle soudainement en montrant du doigt ladite guitare. Le bois était assez clair, et les cordes fines. Elle commença à s’approcher lentement, puis se retourner brusquement vers Liliane. Par contre, j’ai oublié de préciser, mais je n’ai pas énormément d’argent... Enfin, pas de quoi en payer une extraordinaire... enchaîna-t-elle ponctuant sa phrase d’une grimace. Mais elle avait pris le temps d’économiser depuis deux mois. Elle avait réduit par trois ses achats quotidiens, et s’était presque toujours débrouillée pour se faire offrir un verre chaque soirs, au lieu de les payer de sa poche. Mais elle savait aussi que son frère comprendrait si elle n’avait pas pu trouver mieux, comme guitare. Il savait qu’elle n’avait pas trop de moyens, et quelque part, il l’admirait pour ça, pour cette façon de vivre qu’elle avait adopté, cette liberté qu’elle vivait à fond.
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Liliane Naranja
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MessageSujet: Re: Une livraison de plus... [Libre]   Mer 8 Avr - 13:12

La réponse de la cliente fut moins pire que celle à laquelle Liliane s'attendait. A vrai dire, quelque part, il fut soulagé. C'est idiot. Elle compléta sa réponse par d'autres informations sur son petit frère, comme son talent, son expérience, mais aussi (et surtout ?) sur l'argent dont disposait l'intéressée. Au fur et à mesure qu'elle informait Liliane sur ses critères, ce dernier s'approchait à son tour de la guitare en question pour lui effleurer le sillet du bout du doigt. Oh, cette guitare n'avait rien d'exceptionnel, Mr Adams y attachait autant d'importance qu'à une autre, mais il avait bien remarqué qu'elle plaisait beaucoup aux jeunes clients. Sans doute était-ce le motif ? On aurait dit que le bois avait été coupé sans être lissé avant de servir pour cette guitare. Mmh, de nos jours, les musiciens attachent beaucoup d'importance à l'aspect physique de leur instrument. Musicalement parlant, pourtant, cette guitare était moyenne... Pas de hand-craft, des clefs fragiles, et aucune insert.

«Par contre, j’ai oublié de préciser, mais je n’ai pas énormément d’argent... Enfin, pas de quoi en payer une extraordinaire...» dit-elle d'une voix parfaitement candide troublée par une grimace.

«Ah ! Non, ce n'est pas un problème, ici, même si les prix vont de §200 à §5000, la plupart des prix sont concentrés entre 300 et 400. Vous pouvez aussi payer en deux, trois, ou quatre fois, si vous le souhaitez.»

Blam, ce coup-ci, Liliane fit bien attention à ne pas s'arrêter en milieu de phrase, maintenant qu'il savait la réaction de sa cliente. Timide, Liliane ? Un petit peu, alors. Il n'aimait simplement pas retarder une conversation sur son accent, sujet qu'il trouvait... Comment dire... dépourvu d'intérêt. Il masqua sa gène et sortit la guitare de ses deux cales qui la maintenaient au mur. Un pied sur un carton, il parcourut la guitare des yeux.

«Si votre frère est si bon que ça, il se peut qu'il soit déçu par cette guitare. Elle n'est pas... Pratique. En fait, je crois que c'est une des moins chères de la Lutherie. Donc, sa qualité n'est... Pas bonne.» il reposa la guitare sur ses cales «Le prix idéal, c'est §350. A partir de là, la qualité est bonne et le prix n'est pas colossal.»

Sans qu'il ne puisse s'en rendre compte, son regard glissa à nouveau sur les tableaux de l'Européenne, pas loin d'ici.

[Désolé, fatigué >w<]
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MessageSujet: Re: Une livraison de plus... [Libre]   Jeu 16 Avr - 21:51

Une fois que Louise se fut approchée de ladite guitare, le vendeur l’accompagna, mais les traits de son visage laissèrent la jeune française quelque peu perplexe. Il n’avait pas l’air de trouver son choix très convenable. Ce n’était pas étonnant, elle n’y connaissait rien. Le bois lui avait paru joli, mais c’était tout. Il fallait avant la beauté que la guitare soit de bonne qualité. Oui, Louise voulait une bonne guitare. L’espagnol lui expliqua qu’en matière d’argent, ce n’était pas un soucis puisqu’elle pouvait payer en plusieurs fois si elle le désirait. La blondinette fut rassurée et sa grimace s’éclipsa en un clin d’œil, pour gentiment laisser place à un sourire ravi. Son problème d’argent s’était en effet envolé. A présent, il suffisait qu’elle s’échine à travailler plus, à faire plus de tableaux, de concerts, et peut-être que cela porterait ses fruits, du moins elle espérait.

Mais ce n’était pas simplement cette bonne nouvelle qui avait invité ce sourire à se loger sur ses lèvres rosées, il y avait aussi cet accent qui l’amusait. Elle trouvait ça terriblement charmant, et l’envie de lui demander d’où il venait la brûlé. Cependant, elle préféra garder cette question pour elle, ou pour plus tard. Le moment était sans doute mal choisi, pensa-t-elle. Liliane venait de saisir la guitare accrochée au mur pour la contempler, et Louise ne s’était en effet pas trompée quant à la perplexité du vendeur en entendant ce qu’il lui répondit. Il lui expliqua que si elle était si peu chère, c’était parce que ce n’était pas une guitare de très bonne qualité, et la blondinette n’avait pas à en entendre plus pour comprendre qu’il fallait qu’elle change de choix. Cette guitare n’était pas pratique ? D’accord. Elle écouterait ses conseils dans ce cas là. Et justement, la suite de cette conversation aurait voulu que le vendeur lui indique les guitares qui tournaient dans ses prix-là et dont la qualité était convenable, mais Liliane semblait absorber par tout autre chose. Le regard de la française, qui avait suivi celui du vendeur se posa sur ses tableaux délaissés sur le plancher quelques secondes auparavant.

Ses tableaux-là, Louise les avait tous commencé la veille et terminé ce matin. Une nuit blanche de plus, mais son visage parfaitement frais et lumineux n’en laissait absolument pas paraître. Elle ne les trouvait pas très beaux, et c’était peut-être pour ça qu’elle n’avait pas réussi à les vendre, ils n’étaient sûrement pas beaux. En réalité si, un seul lui plaisait. Le dernier qu’elle avait peint, lorsque l’alcool était de trop dans son sang, lorsque le soleil montrait ses premiers rayons à travers les stores légèrement ouverts de son studio bordélique. C’était un mélange de détresse et de lueur d’espoir qu’elle avait peint sur cette toile. Comme une douce note mélancolique repêchée par un brin de gaieté. Ce n’était qu’abstrait, mais pourtant clair à ses yeux. Comme si les formes peintes voulaient toutes dire quelque chose pour elle, une expression, sans doute.

Un nouveau sourire n’acquit sur son visage, et Louise reposa ses yeux sur l’Espagnol.
- Vous voulez y jeter un œil ? J’ai tout mon temps ! demanda-t-elle, toujours aussi joviale. Ce sont les peintures que je n’ai pas vendu ce matin... ajouta-t-elle en retournant vers le grand sac qui contenait les trois toiles. Le vendeur s’approcha à son tour, et Louise extirpa la première qui lui tombait sous la main, bingo ! c’était celle qu’elle aimait le plus. La peinture s’étalait sur 70 centimètres de largueur et 40 de longueur. Les couleurs qui dominaient étaient essentiellement le rouge, le violet et le blanc mais aux yeux du jeune luthier, ce fatras de couleurs ne devait certainement rien représenter, sauf si il avait l’œil artistique. Il y avait de longs traits violent et grossiers qui traversaient la toile, et parfois, de simples jets blancs et lumineux les recouvraient. Un amas de sentiments, une certaine beauté mystérieuse et sûrement pas assez de joie dans ce tableau lorsqu’on voit qui en est le créateur... Cette peinture avait beau lui plaire, Louise ne s’y reconnaissait pas vraiment...

- C’est marrant, j’étais très fière ce matin de celle-là, mais maintenant, je crois qu’elle ne me plaît plus... dit-elle doucement, comme si elle se parlait à elle-même. L’alcool et les larmes d’hier soir y étaient sans doute pour quelque chose... Si vous la voulez, je peux vous faire un prix ! se reprit Louise, dont le sourire sur les lèvres était revenu.
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Liliane Naranja
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MessageSujet: Re: Une livraison de plus... [Libre]   Dim 19 Avr - 0:59

[Pardon, c'est pas beaucoup... é_è]

L'on aborda ensuite le sujet des tableaux de la cliente, ceux que auxquels Liliane n'avait cessé de jeter des coups d'œil. Ces toiles étaient dans un sac plastique, lui empêchant d'en savoir plus sur son contenu. Et la curiosité de Liliane n'était visiblement plus secrète, quand Louise retraça son regard. Était-ce mal de se prolonger sur ce sujet ? La guitare pouvait attendre, et puis, le client est roi, s'il veut faire partager sa vie, pourquoi pas. Et puis, Liliane est tout ouvert à l'art. Presque fébrilement, il s'approcha du sac et attendit qu'elle lui montre une de ses trois toiles peintes.

C'était... C'était... C'était rouge. ...Aucun autre adjectif ne parvint à Liliane. Il y avait aussi des teints mauves, et un peu de blanc. De l'abstrait, peut-être ? Pour vérifier, Liliane pencha légèrement la tête sur le côté. Non, c'est bien de l'abstrait. Aimant pourtant la peinture, autant que la photographie, le théâtre ou l'architecture, la notion d'abstrait ne parlait pas du tout à Liliane. Il n'en comprenait simplement pas les motifs et les effets voulus. Il restait hésitant, tête penchée devant cette toile, se demandant bien à quoi pouvaient ressembler les autres. Intérieurement, il se réjouissait que Louise n'aie pas demandée "qu'en pensez-vous ?" car, loin d'être hypocrite, Liliane ne savait pas trouver les mots qui soient justes et qui ne blessent pas. Disons que l'abstrait est un art à part, pour Liliane, rien pourtant ne lui disait que Louise était une abrutie totale dépourvue du moindre sens de l'art. Liliane, naturellement empathique, se disait qu'elle avait simplement un autre regard sur les choses. Peut être que, devant une porte, elle voyait un tourbillon rouge, mauve et blanc, et qu'elle disait "porte !" quand elle en voyait.


«C’est marrant, j’étais très fière ce matin de celle-là, mais maintenant, je crois qu’elle ne me plaît plus... Si vous la voulez, je peux vous faire un prix !»

Crotte de bique ! Que répondre maintenant ?!! Liliane devait-il se résoudre à mentir des hypocrisies blafardes ? Ce serait dommage, pour quelqu'un qui ne sait pas mentir. Il ne pris pas le temps de réfléchir, et essaya de se débrouiller au mieux.

«Hein ?!! M... Mais, c'est que... d'habitude, vous les vendez c... combien ?»

En vérité, il trouvait le tableau un peu tape-à-l'œil et violent. Il n'aimait pas vraiment ce qui frappait le regard, tout comme la musique barbare qui frappe les oreilles. Liliane a toujours préféré les portraits doux aux couleurs chaudes et caressantes. En vérité, aussi, il ne savait pas du tout mentir, et, mieux que ça, il arrivait à peine à masquer son embarras. Ha ha.
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MessageSujet: Re: Une livraison de plus... [Libre]   Lun 4 Mai - 20:01

Avec son enthousiasme habituel, et loin de se douter que cette toile ne plaisait pas spécialement à Liliane, la jeune Franciscaine proposa à ce dernier de lui faire un prix s’il il désirait l’acheter. Bourde, évidemment. Louise avait le don, parfois, de rendre les gens mal à l’aise. D’ordinaire, elle ne proposait jamais à des inconnus de leur faire un prix sur ses tableaux (déjà qu’elle ne les vendait pas excessivement chers...), mais à vrai dire, le manque d’argent pour pouvoir offrir la guitare à son petit frère l’avait soudainement poussé à le faire. La réaction embarrassée du jeune vendeur l’a surpris légèrement, mais Louise était loin d’être susceptible.
Ce que pouvait penser les gens lui importait peu. Mais il était vrai qu’elle n’avait pas pensé qu’elle aurait pu le rendre aussi mal à l’aise en lui proposant de lui baisser le prix ordinaire.

Un petit sourire malicieux apparu alors sur le visage de Louise, comme une petite idée maligne venue se dissimuler entre ses lèvres. Peut-être avait-elle décider de le taquiner un peu ?

- Combien je le vend d’habitude ? Celui-là... c’est 200 $ ! s’exclama-t-elle faussement fière, alors que le prix était largement exorbitant, surtout pour une peintre comme Louise loin d’être encore professionnelle. Elle marqua un temps d’arrêt, observant la réaction de Liliane, dont la gêne semblait ne pas s’en aller. Bien sûr, le prix qu’avait annoncé Louise était loin d’être celui qui correspondait réellement à cette toile. Pour réussir à vendre ses tableaux, et surtout dans la rue, elle ne devait pas les faire très chers. Et lorsque certains ne se vendaient pas, elle baissait un peu les prix, jusqu'à ce que finalement, personne n’en veuille et qu’ils atterrissent sur les murs de sa piaule.

Finalement, après un court instant et avant que le jeune luthier ait eu le temps d’ouvrir la bouche, Louise lui offrit un grand sourire et posa sa main sur l’épaule du garçon.
- Nan, je déconne. Je ne la vend pas aussi chère. Mais je vois bien qu’elle ne te plais pas de toute façon ! s’exclama-t-elle encore une fois, sans qu’il n’y ait dans sa voix une once de déception. Liliane n’était pas la seule personne qui n’appréciait pas le style de la blondinette. Mais cette toile n’était pas forcément représentative de tout ce que Louise peignait. Elle utilisait l’abstrait lorsqu’elle était particulièrement en colère. Et ce sentiment presque éculé pour elle avait sûrement fait bouillir ses veines la veille. Mais Louise n’aimait pas être en colère. Elle ne supportait pas voir sur son visage ses sourcils froncés et sa mâchoire crispait. Elle n’aimait pas non plus sentir ce noeud dans son ventre, cette boule de haine qui lui tiraillait les entrailles et qu’elle ne puisse y faire quoi que ce soit.

Elle rangea donc le tableau dans cette grand poche plastique qui lui avait servi temps de fois, mais ne pensa pas à lui montrer les autres qui étaient pourtant différents.
- Désolée de t’avoir mis mal à l’aise, j’oublie parfois que mes peintures ne plaisent pas forcément à tout le monde ! ajouta la blondinette en passant une main dans sa nuque, sous ses longs cheveux emplis de soleil. Bon ! Revenons à la guitare ! Si j’ai bien compris, cette guitare-là n’est pas super pour quelqu’un qui sait bien en jouer... commença-t-elle en montrant du doigt ladite guitare. Tu me proposes laquelle ? demanda alors Louise en laissant son regard divaguer sur le visage de son interlocuteur.

Elle ne savait pas quel âge il avait, mais ce luthier faisait jeune. Plus jeune qu’elle du moins. Son visage était fin, et ses joues étaient presque creuses, comme si un potier les avaient modelé pour qu’elles soient ainsi faites, un peu creuses, mais pas trop non plus. Et sous ses vêtements, Louise imaginait une taille tout aussi fine que ce visage étranger. Elle était aussi presque sûre que sa peau, son cou et ses mains sentaient le bois. Une odeur de forêt, de nature et de liberté. Son parfum serait celui des pins comme des sapins, des vieux chênes, des baobab et des cerisiers japonais. Le bois. A présent, Louise avait l’impression que ses narines étaient emplis de cette délicieuse odeur naturelle. Douce, ineffable et rassurante.
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MessageSujet: Re: Une livraison de plus... [Libre]   Dim 14 Juin - 12:56

Tout le long de cette scène, la curiosité de Liliane s'éveilla, s'attisa. En l'écoutant parler, en la voyant bouger, en regardant son regard et ses cheveux, une question montait dans son esprit ; Serait-elle Européenne ? Italienne peut être ? Ou Française ? La forme de son nez portait à croire qu'elle était d'Europe du sud. Mais là n'était pas le sujet de conversation. Peut-être, Louise avait-elle deviné que Liliane n'oserait jamais quitter cette fâcheuse discussion qu'était celle des tableaux, peut-être était-ce pour ça qu'elle le fit par elle même. Ouf ! En plus d'avoir peur d'être désagréable, Liliane se sentait étouffé par un instinct de survie mêlé à de l'hypocrisie pure et vilaine. L'idée seule de mentir pour faire plaisir le dégoutait presqu'autant que celle de dire la vérité en blessant. Il fut tellement soulagé de quitter cette vision qu'il ne pensa même pas à masquer son petit sourire d'apaisement. Oups. Visiblement, Liliane enchainait les gaffes. Mais sa cliente, un peu distraite, ne semblait pas l'avoir remarqué, et ponctuant sa question d'un regard interrogeant, elle lui demanda quelle guitare devait-il lui proposer. Malheureusement, en l'entendant parler ainsi, en regardant sa démarche, ses gestes, Liliane ne put s'empêcher de lui demander, comme un cri du cœur ;

«Pardon, euh... Vous venez d'... d'Europe ?»

Cette question lui avait soudainement brûlé les lèvres. Il savait bien qu'il divaguait, que cette question n'avait rien à faire dans ce dialogue, il le savait, mais d'abord, Liliane voulait savoir autre chose. C'était comme si cette question était devenue essentielle, vitale, nécessaire, comme si Liliane était obligé de coller une nationalité sur le front de chacun. Cette cliente en particulier. [...] Lunatique, Liliane ? Ça se pourrait. Louise, le sourcil levé et la figure figée, paraissait surprise par cette question. Liliane s'imagina alors que cette question était inadaptée au contexte actuel, et s'empressa de se rattraper, bafouillant, et collant instinctivement sa main contre sa poche, poche dans laquelle se trouvait le dictionnaire anglais/espagnol de Liliane. C'était un peu sa trousse de premiers soins, à San Francisco.

«Euuh, non, pardon. Hum, donc, une... guitare euh...»

Liliane était rouge de honte. Il se retourna vers le guichet du magasin pour cacher sa gène à Louise, et fit mine de chercher sa requête sur l'ordinateur du bureau. Et toujours rouge de honte, en plus. Ha ha.
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Louise Donnet
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MessageSujet: Re: Une livraison de plus... [Libre]   Ven 26 Juin - 12:22

L’odeur du bois lui plaisait réellement. Ses sens aux aguets, les narines de la blonde se gonflèrent légèrement, à la recherche de différentes saveurs qui composaient chaque bois de ces nombreuses guitares. Elle aimait la nature, et surtout les odeurs. L’odeur de l’océan et son écume verte qui laisse des traces sur les pieds, l’odeur des champs de blés frémissants sous une bourrasque de vent, l’odeur du vent même, qui transporte les épices des restaurants d’à côté, et puis aussi le parfum des fleurs dans ses cheveux. Elle aimait tout ça. Et elle se sentait comme presque toute légère lorsque ses odeurs emplissaient ses narines, libre et évasive. C’était à ces moments-là que l’envie de partir la prenait, mais l’odeur s’en allait, et son envie aussi.
Malheureusement, ce n’était pas en humant l’odeur d’une guitare qu’elle allait la choisir...
Louise demanda alors une nouvelle fois au luthier si il en avait une à lui proposer. Mais au lieu de se diriger vers une certaine guitare, de la montrer du doigt et pourquoi pas la prendre pour y laisser filer quelques accords, juste pour les yeux et les oreilles, le jeune homme lui demanda soudainement avec une certaine hésitation si elle venait d’Europe. Si elle venait d’Europe ? Le visage de la française s’illumina, comme un joyau précieux, on aurait presque pu voir les étoiles briller dans ses yeux.

Ils ne sont pas très nombreux à remarquer que Louise n’est pas une San Franciscaine de pure souche mais belle est bien une Européenne. Pourtant, si Louise est d’origine française, elle n’a jamais vu sa terre natale, et les photographies ne comptent pas. Alors lorsque le vendeur lui posa cette question, Louise, d’abord surprise, leva un sourcils. Etait-il sérieux ? Oui, il avait bien alors. Alors le blondinette ne pu s’empêcher de lui faire un grand sourire, alors qu’il s’excusait confusément, comme s’il avait commis un péché. Elle était absolument comblée qu’il l’ait remarqué, sans doute car lui aussi venait d’Europe. Mais le sourire de Louise ne fit pas disparaître l’immense honte qui peignait les joues du garçon en rouge.

Elle le regarda d’un air attendrit se diriger vers le comptoir.
- Oui ! ... s’exclama-t-elle en le rejoignant. Oui je viens d’Europe ! Je suis Française ! continua-t-elle sur sa lancée, un peu excitée il fallait l’avouer. Elle était tellement ravie. Vous aussi non ? Vous aussi vous venez d’Europe ? demanda-t-elle en essayant de chercher son regard qui se cachait. Elle ne se risqua pas à lui demander si il était Italien ou Espagnol, de peur de faire une bourde. Sait-on jamais, certains se vexent. Elle remua ses cheveux blonds avant de poser ses avant-bras sur le comptoir.

- Ca me fait plaisir que vous l’ayez remarqué... Parce que pour vous dire, je suis Française mais je suis née ici, et je n’ai jamais vu la France... A part en photos, mais ça compte pas, les photos. Et vous alors, vous venez d’où ? dit-elle le sourire aux lèvres. Elle fixa le visage du garçon, observant ses traits afin d’essayer de deviner. Elle adorait rencontrer des gens venus d’Europe, surtout ceux ayant déjà vu la France. Elle ne pouvait s’empêcher à chaque fois de leur demander comment c’était ? Comment étaient les gens là-bas ? La culture, les paysages, la nourriture, et bordel, si les femmes étaient vraiment aussi poilues qu’on le disait ? (Simple stéréotype américain...) Alors lorsque Louise rencontrait un Européen, elle ne pouvait s’empêcher d’être proche, de se sentir proche de lui. Et puis, elle était tellement charmée par les cultures européennes, alors les découvrir plus amplement la tentait toujours.

Un jour, elle partirai en Europe, c’était sûr, certain.

- Laissez tomber pour la guitare, on verra après. Je veux que vous me parliez de votre pays, de l’Europe, de la culture ! s’exclama-t-elle, essayant tant bien que mal de canaliser sa bougeotte. Est-ce si différent d’ici ? demanda la blonde en s’appuyant un peu plus au comptoir.
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